En tête-à-tête avec… la sérigraphie !

La sérigraphie, c’est quoi ? 

Quand j’explique ce que je fais dans la vie (de la sérigraphie entre autre) la question qui suit dans 98% des cas est : mais c’est quoi exactement la sérigraphie? Ensuite j’entre dans une explication détaillée qui se finit la plupart du temps par : « ah d’accord, ça a l’air compliqué, tu me montreras à l’occas’ ».

Donc, pour éviter un immense brouhaha d’informations en pagaye, je me suis dis que j’allais essayer d’expliquer de manière concise et efficace ce qu’est la sérigraphie ! avec des petits dessins ludiques et tout et tout 😉

Pour faire bref, la sérigraphie c’est l’impression (en série) par la technique du pochoir.

Mais quelles différences avec de l’impression numérique ou offset ? 

1 – l’impression sur tout type de support : papier, bois, carton, métal, textile, verre…

2 – la texture / l’intensité : l’épaisseur de l’encre déposée sur le support, son aspect « imparfait », sa précision relative, l’intensité des aplats apporte un caractère inégalable au visuel.

3 – les encres : elles offrent des possibilités infinies, exclusives à cette technique (mélanges de couleurs, jeux sur l’opacité, superpositions, dégradés…).

 

Mais comment ça marche? 

Ça semble compliqué au premier abord mais pourtant c’est assez simple et logique. Prêt? On commence par le matériel, il faut se familiariser un peu avec le vocab’ sérigraphie 😉

sérigraphie-matériel-byyo

Petite précision, le tissu tendu sur le cadre va être choisi en fonction du nombre de fils au cm². Plus la trame choisie est fine, plus on obtiendra de détails. Le choix dépend également du support sur lequel on souhaite imprimer. Pour de l’impression textile par exemple, on privilégiera une trame de 54 fils/cm² alors que pour une impression papier, on utilisera une trame plus fine (entre 90 et 120 fils/cm²).

Voilà, maintenant tu sais comment chaque chose s’appelle. On peut passer à la pratique ! La première chose à faire c’est de préparer son cadre avec le motif que l’on souhaite sérigraphier.

sérigraphie-préparationcadre-byyo

1 – Tu peux aussi directement dessiner sur la maille grâce à l’utilisation de drawing gum ! C’est la magie de l’instantané, du direct, du live. Il te seras toujours possible de faire des retouches au pinceau avec de l’émulsion.

2 – L’insolation de l’écran (ce qui se qui se passe dans le noir) demande un peu de logistique. Il faut être proche d’un point d’eau (pour pouvoir stopper rapidement la réaction de l’émulsion), dans le noir mais avec une source de lumière UV.
Pour ma part, je me suis fabriquée une boite d’insolation qui me permet de conserver les cadres dans le noir. Dans celle-ci, j’ai fixé une grosse lampe de chantier sur la partie supérieure. Et hop le tour est joué ! C’est très pratique et économique 😉

3 – Il faut le placer sur le côté extérieur du cadre, du coup à l’envers pour que l’impression soit à l’endroit ! C’est logique en fait. Il faut veiller à ce que le typon soit bien plaqué contre le cadre, pour cela on se fait un petit sandwich : morceau de mousse, cadre, typon puis plaque de verre transparente. Cela permet d’éviter que la lumière s’invite entre le typon et le cadre et que l’image ne soit pas nette.

4 – La durée de l’insolation dépend de la puissance de la lampe, de l’opacité du noir du typon, de la distance entre le cadre et la lampe mais aussi de l’épaisseur de l’enduction. Il faut généralement faire quelques essais pour arriver à un résultat optimal 😉

5 – C’est l’étape clé ! Il faut faire vite pour stopper la réaction et rincer rapidement pour enlever le surplus. Il ne faut pas hésiter à frotter avec une éponge douce pour enlever les résidus récalcitrants !

Bref, ton cadre est prêt, il n’y a plus qu’à imprimer !

sérigraphie-impression-byyo

Voilà, la sérigraphie c’est ça ! Enfin, c’est comme ça que ça se passe dans le meilleur des cas parce que dans la vraie vie il y a quelques surprises parfois 😉

La sérigraphie, c’est qui ? 

Je suis partie à la rencontre de Noëllie Perrusset, fondatrice et gérante de l’atelier le Nonographe, lui poser quelques questions sur cette pratique qui rend complètement zinzin 😉

portrait-nono

Hello Nono, dis, tu peux nous raconter comment tu as mis le nez dans la sérigraphie?
J’y ai d’abord mis ma tête : en cours théoriques sur les techniques d’impression en BTS de graphisme. Mais bon, la sérigraphie si tu ne trempes pas tes mains dedans… ça vaut pas le coup ! Les années qui ont suivi mon cursus, j’ai pu faire un échange à Guadalajara, au Mexique. Là-bas, il y avait beaucoup de cours pratiques et d’expérimentations (fabrique de papier à partir de fruit, aérographie, gravure, fabrique textile…) : j’ai choisi naturellement le cours de sérigraphie. Mon prof s’appelait Sergio, ce genre de vieux sage de la discipline, il était hyper chouette !


Comment est né l’atelier le Nonographe?
C’est donc au Mexique que la technique en pratique m’a conquise. Je suis revenue avec dans mes valises un cadre et des produits. Tout juste de quoi commencer la sérigraphie (ultra) artisanale. C’est à Nantes que mon atelier a vu le jour, pendant la suite de mon master. Au début, il s’est appelé « Atelier CrashTest », installé au coin de ma chambre.  C’était mon espace d’expérimentation graphique autodidacte : chacun de mes « crashtest » m’ont appris quelque chose. Quand j’ai pris du galon, j’ai changé de nom car mon activité s’est élargie, dans la sérigraphie mais aussi dans l’identité graphique.


Qu’est-ce que tu kiffe le plus quand « tu te la racles »?
Elle est drôle ta question, hihi ! Ce que j’aime par dessus tout, c’est de soulever le cadre après avoir passer la racle et de voir le dessin révélé sur le papier. Les lignes tremblent, elles ont un caractère fou. En plus, même si tu te foires, ça crée de l’inattendu. En fait, en passant par la sérigraphie, l’illustration s’enrichit : la texture, les couleurs, le rendu… Tout devient plus précieux et unique.


Une petite anecdote foireuse (ou pas) ?
En fait, je suis toujours équipée de manière très artisanale, je ne fais pas d’immenses séries d’impression : donc pas de machine automatique ! Quand j’ai eu une commande de 800 sacs type totebag à imprimer à la force de mes petits bras, j’ai tendu une grande ficelle dans les poutres du salon et j’ai imprimé pendant trois jours. En gros : il faut pas m’embêter, j’ai des bras en béton !


Selon toi le mot ou l’expression qui définirait le mieux l’expérience sérigraphique?Heureux hasard / jolie erreur / machine à plaisir


Et… le mot de la fin ?
À bientôt pour de nouvelles collections et de nouveaux ateliers !

 

>> Atelier le Nonographe <<
FB : atelierlenonographe
Instagram : atelierlenonographe

Les commentaires sont fermés.

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :